De la dionée à la Plante Piranha : les plantes carnivores dans la pop culture

Vous avez sans doute déjà croisé une plante carnivore sans jamais avoir mis les pieds dans une tourbière : au fond d’un tuyau vert chez Mario, dans une arène Pokémon ou dans une comédie musicale des années 1980. La fiction adore les plantes mangeuses de chair – et derrière chacune se cache une espèce bien réelle, souvent plus étrange encore que son double imaginaire. Petit jeu de miroirs entre le végétal et le pixel.

La dionée, la superstar à mâchoires

C’est LA plante carnivore que tout le monde a en tête : la dionée, ou attrape-mouche (Dionaea muscipula), avec ses deux lobes bordés de cils qui se referment d’un coup sec sur l’insecte. Ce piège à ressort a inspiré tout un bestiaire vidéoludique. Le Pokémon Vortente en est l’exemple le plus direct : son nom japonais, Muskippa, vient littéralement de muscipula, le nom scientifique de l’attrape-mouche. Même gueule béante, même appât sucré pour attirer la proie. On retrouve la même silhouette chez le Chomper de Plants vs. Zombies. La vraie dionée, elle, referme son piège en moins d’une seconde, déclenchée par les poils sensitifs qu’effleure l’insecte : aucun besoin d’effets spéciaux.

Les Nepenthes, des pièges à Pokémon

Changement de technique avec les plantes à urne. Les Nepenthes et leurs cousines ne referment rien : elles noient. Leur feuille se transforme en cornet rempli d’un liquide digestif où l’insecte glisse sans jamais remonter. Cette urne pendante a donné naissance à toute une lignée de Pokémon – Chétiflor, Boustiflor et surtout Empiflor – directement calqués sur les plantes à pièges passifs. Là encore, la nature avait tout inventé bien avant les créateurs de jeux.

Une Nepenthes et son urne, piège passif à insectes
Une Nepenthes : sa feuille se transforme en urne où l’insecte glisse et se noie.

La Plante Piranha, le carnivore version manette

Impossible de parler de plantes carnivores et de jeux vidéo sans citer la plus célèbre de toutes : la Plante Piranha de Super Mario. Cette tête vorace qui jaillit des tuyaux depuis 1985 est devenue une icône à part entière, au point d’être jouable dans Super Smash Bros. Ultimate, où Nintendo lui a offert son propre trailer de présentation. Entre elle, les Pokémon carnivores et la saga Plants vs. Zombies, la plante mangeuse est un vrai personnage de la culture geek, que des médias pop culture comme Geek Planet suivent au fil des sorties.

Audrey II, la plante qui dévorait Broadway

Le cinéma n’est pas en reste. La plante carnivore la plus célèbre du grand écran s’appelle Audrey II : la créature vorace et bavarde de La Petite Boutique des Horreurs (Frank Oz, 1986), une comédie musicale d’horreur où une plante venue d’ailleurs réclame « Nourris-moi ! » en avalant tout le voisinage. Bien avant elle, la science-fiction avait imaginé les Triffides, ces plantes carnivores ambulantes du Jour des Triffides. La fascination est ancienne : une plante qui mange des animaux inverse l’ordre naturel, et ça, les conteurs adorent.

Bonne nouvelle : les vraies plantes carnivores n’ont rien à envier à leurs cousines de fiction. Elles ne dévorent pas d’humains, certes, mais leurs pièges – mâchoires, urnes, tentacules gluants, aspiration sous-marine – relèvent d’une ingéniosité qui se passe de scénariste. Envie de rencontrer les modèles derrière les personnages ? Faites un tour du côté de nos fiches espèces.