Plantes carnivores d’Amérique du Sud : les tepuis et Heliamphora

Les tepuis — ces montagnes tabulaires aux parois verticales qui surgissent de la jungle vénézuélienne et guyanaise — sont le dernier refuge du genre Heliamphora, les plantes soleil. Ces urnes primitives, considérées comme les ancêtres de toutes les plantes carnivores à urnes, vivent isolées sur ces « îles dans le ciel » depuis des millions d’années. L’Amérique du Sud abrite aussi des espèces uniques de Genlisea, d’Utricularia et de Drosera.

Les tepuis du Venezuela

Le mont Roraima (2 810 m), à la frontière du Venezuela, du Brésil et du Guyana, est le tepui le plus accessible et le plus célèbre. Son sommet, un plateau de grès de 31 km², abrite Heliamphora nutans dans des dépressions humides entre les roches. Le trek de 6 jours depuis Paraitepui est une aventure inoubliable à travers la Gran Sabana.

L’Auyán-tepui, d’où tombe le Salto Ángel (la plus haute chute d’eau du monde, 979 m), héberge H. ionasii aux urnes spectaculaires. Le Chimantá massif abrite la plus grande diversité d’Heliamphora, avec plusieurs espèces endémiques à des sommets individuels — H. chimantensis, H. sarracenioides et autres.

Les cerrados et campos rupestres du Brésil

Les campos rupestres du Minas Gerais et de Bahia, au Brésil, sont un hotspot pour les Genlisea (pièges souterrains en tire-bouchon) et les Utricularia terrestres. La Serra do Espinhaço abrite des dizaines d’espèces endémiques dans ses prairies d’altitude sur sols quartzitiques. Drosera graminifolia et D. chrysolepis y forment des colonies spectaculaires.

Quand y aller

Le trek du mont Roraima se fait idéalement pendant la saison sèche relative (décembre-avril), bien qu’il pleuve toute l’année sur le sommet. Les campos rupestres brésiliens sont à leur meilleur en saison humide (octobre-mars) quand les plantes sont en croissance active et en fleur.

Conservation

Les tepuis sont protégés par le parc national Canaima (Venezuela), classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Leur isolement naturel les protège, mais le tourisme croissant sur le mont Roraima et l’exploitation minière illégale dans la Gran Sabana sont des menaces émergentes. Au Brésil, les campos rupestres sont menacés par l’expansion agricole et les feux de brousse.