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Nepenthes

Nepethes ampullaria

Cultiver votre Népenthès tout en délicatesse

Plante endémique de Nouvelle Calédonie, Madagascar et d’Indonésie, la Népenthès est une espèce de plante carnivore terrestre ou épiphyte et de plaine ou de montagne. Les espèces terrestres poussent dans des sols pauvres, acides et gorgés d’eau. De façon générale la culture de la Népenthès est très délicate car elle nécessite des soins constants et une hygrométrie comprise entre 75 et 90%. Votre plante doit être placée à mi-ombre car elle supporte mal le soleil direct. Les Népenthès ont besoin de températures comprises entre 21 et 35° C en été et de 18 à 25° C en hiver. Les espèces montagnardes préféreront des températures plus fraîches comprises entre 18 et 30° C en été et de 10 à 18° C en hiver. Leur croissance est assez lente et elles observent une période de repos végétatif en hiver. Elles peuvent être multiplier grâce au bouturage.

Un contenant recréant un espace tropical

Ayant besoin d’un taux d’hygrométrie élevé, il sera donc important de choisir un contenant et une espace permettant de recréer un microclimat tropical. Pour retenir l’humidité dont elles ont besoins, vous pourrez cultiver votre Népenthès soit dans un terrarium, soit dans un pot en plastique muni de trous de drainage et posé sur une soucoupe. Le pot sera ensuite placé dans une serre ou sous cloche.

La terre pour Népenthès

Un bon mélange doit être à la fois drainant et poreux. Trois possibilités s’offrent à vous pour offrir à votre plante un substrat adapté à ses besoins :

  • La terre pour Népenthès toute prête
  • Faire un mélange pour plantes carnivores : 50% de tourbe blonde de sphaigne, 20 % de sable non calcaire, 15% de vermiculite, 15% de polystyrène.
  • Faire un mélange pour épiphytes : 70% de fibre de coco, 10% de petit gravier non calcaire, 10% d’écorces, 10% de polystyrène

Nourrissage d’une plante carnivore

Si votre plante n’a pas la possibilité de pouvoir piéger des proies, vous devrez la nourrir. Dès que votre plante s’ouvre, placer un ou deux insectes (mouches, punaise, insectes du jardin, mais pas d’araignée) dans son piège en fonction de sa taille. Certaines Népenthès peuvent même avaler une souris suivant la taille de la plante (comme la Népenthès truncata).

Arrosage d’une Népenthès

Tout comme les autres espèces de plantes carnivores, la Népenthès a besoin d’un substrat constamment humide à la différence près qu’elle n’aime pas avoir « les pieds dans l’eau ». Après un arrosage ou un trempage il faut retirer le surplus d’eau d’égouttage au fond de la soucoupe ou du contenant. Nous vous recommandons d’utiliser de l’eau de pluie, déminéralisée, osmosée ou issue d’une carafe filtrante car elle ne supporte pas le calcaire. Le mélange pour Népenthès restera modérément humide tout au long de l’année.

Rempoter qu’en cas de nécessité

Si le contenant est suffisamment confortable et qu’elle s’épanouit normalement, il ne sera pas utile de rempoter votre Népenthès. Dans le cas contraire, rempoter votre plante tous les trois ans en période hivernal de la façon suivante :

  1. Couper tout ce qui est fané
  2. Retirer la plante de son pot et jeter l’ancien substrat
  3. Nettoyer le contenant
  4. Placer du charbon au fond du pot car il protège la plante de certaines maladies
  5. Remplir le contenant du nouveau substrat et y placer la plante
  6. Arroser

Parasites

La Népenthès n’est pas sujette aux attaques parasitaires en revanche elle est sensible à la sécheresse et au froid. Un déséquilibre peut entraîner des malformations ou un jaunissement du feuillage. De plus si votre substrat est trop riche, votre plante produira peu de feuilles.

Quelques espèces de Nepenthes

Nepenthes alata

Une forme :

  • Nepenthes alata f. variegata (Mann, 1996)

Deux variétés :

  • Nepenthes alata var. biflora (Macfarlane, 1908)
  • Nepenthes alata var. ecristata (Macfarlane, 1908)

Origine et milieux naturels

Nepenthes alata est originaire de diverses montagnes toutes situées aux Philippines. Elle se développe dans des forêts de nuages, à une altitude variant entre 800 et 2400 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le climat est tropical humide, avec des nuits d’autant plus fraîches que l’altitude est élevée. Le brouillard est omniprésent.

Histoire et Etymologie

Nepenthes alata est décrit par le botaniste espagnol Francisco Manuel Blanco en 1837. La variation naturelle de l’espèce cause quelques confusions parmi les botanistes ; de nombreuses espèces actuelles (Nepenthes stenophylla, Nepenthes benstonei ou encore Nepenthes mirabilis) sont d’abord considérées comme des Nepenthes alata.

Beaucoup de Nepenthes que l’on peut trouver en jardinerie sont mal identifiés. La plupart du temps, les plants proposés sous l’appellation Nepenthes alata sont en fait des Nepenthes × ventrata.

Description

Nepenthes alata est une plante carnivore vivace terrestre ou épiphyte. Elle produit des limbes allongés terminés par un tendril, supportant une urne destinée à la capture et à l’attraction des insectes. L’espèce est extrêmement variable dans son milieu naturel. Même des plantes originaires d’une même montagne sont susceptibles d’arborer des différences importantes, comme c’est le cas de la souche du Mont Guisguis (province Zambales), pour lesquelles on distingue quatre variantes distinctes.

Les traits communs à toutes les souches sont :

  • Limbe lancéolé ou obovale
  • Pétiole pourvu de marges larges (extensions du limbe)
  • Éperon simple et pointu
  • Pilosité rougeâtre ou blanchâtre
  • Urne allongée plus ou moins bombée dans sa partie basse et haute
  • Présence de larges ailettes du péristome jusqu’en bas des urnes

Les urnes sont majoritairement vertes et rouges, parfois mouchetées. Le péristome tantôt fin, vert-jaune, tantôt strié de jaune et de rouge.

Les espèces les plus proches de Nepenthes alata sont Nepenthes copelandii, Nepenthes mindanaoensis, Nepenthes philippinensis et Nepenthes saranganiensis.

Plusieurs hybrides naturels ont été découverts :

  • Nepenthes alata × Nepenthes burkei
  • Nepenthes alata × Nepenthes merrilliana (Nepenthes × merrilliata)
  • (Nepenthes alata × Nepenthes merrilliana) × Nepenthes mirabilis (Nepenthes × tsangoya)
  • Nepenthes alata × Nepenthes mindanaoensis
  • Nepenthes alata × Nepenthes mirabilis (Nepenthes × mirabilata)
  • Nepenthes alata × Nepenthes petiolata
  • Nepenthes alata × Nepenthes truncata (Nepenthes × truncalata)
  • Nepenthes alata × Nepenthes ventricosa (Nepenthes × ventrata)

Nepenthes albomarginata

Origine et milieux naturels

Nepenthes albomarginata est originaire de Bornéo, Malaisie et Sumatra. Son habitat typique est la forêt de bruyère (appelée forêt keranga dans cette partie du monde), poussant aussi bien au niveau de la mer qu’au sommet de collines, jusqu’à 1200 mètres d’altitude. Le sol est tourbeux, et abrite de la roche calcaire. Le climat est équatorial, chaud et humide toute l’année. L’espèce bénéficie d’une forte lumière, toutefois tamisée par la végétation plus haute.

Histoire et Etymologie

Les premiers spécimens de Nepenthes albomarginata sont récoltés par le botaniste britannique Thomas Lobb en 1848. La description formelle de l’espèce est du fait de John Lindley, botaniste britannique. Elle est publiée dans la grande revue périodique The Gardeners’ Chronicle l’année suivante. Sa mise en culture débute en 1856 au Royaume-Uni.

L’épithète spécifique albomarginata vient du latin albus, “blanc”, et marginatus, “marge”, en référence au collier de trichomes qui entoure le péristome des urnes.

Description

Nepenthes albomarginata est une plante carnivore vivace de grande taille. La tige principale peut atteindre 4 mètres de long et 5 mm de diamètre. Les internœuds, sur la tige, peuvent atteindre 15 cm. La plante est recouverte d’un indumentum de poils blancs, très courts, en forme d’étoile. La face inférieure des feuilles est couverte de poils marron, plus longs.

Les feuilles sont dures et coriaces. Lancéolées, elles peuvent atteindre 25 cm de long et de 2 cm de large. Elles se terminent par un tendril mesurant jusqu’à 20 cm, supportant une urne qui lui sert à attirer, capturer et digérer des insectes dans une solution enzymatique. Les urnes inférieures sont bulbeuses dans un tiers inférieur et cylindriques dans leur partie supérieure. Par rapport aux autres Nepenthes, et relativement à la taille du reste de la feuille, les urnes sont petites, ne dépassant pas 15 cm de long et 4 cm de large. Elles arborent une paire d’ailettes qui court de la base au péristome. La couleur est principalement verte, mais il existe des variations, avec une présence de rouge et de pourpre plus ou moins prononcée, parfois en taches, parfois sur l’intégralité du piège. Les urnes supérieures sont semblables, cylindriques ou en forme d’entonnoir, avec de simples côtes à la place des ailettes.

Les proies de Nepenthes albomarginata sont des termites, attirées par l’anneau de trichomes blanc qui se développe sous le péristome. Il s’agit de l’unique Nepenthes, et même de l’unique plante carnivore à être spécialisée dans la capture d’un type particulier d’insectes, selon Marlis Merbach, botaniste allemand. Ses expériences montrent qu’une seule urne peut attirer plusieurs dizaines de termites par heures (plus ou moins selon la population de la termitière la plus proche). Ils se précipitent sur l’anneau, et tombent accidentellement dans l’urne. Une fois arrivés à maturation, ces trichomes seraient très nourriciers pour les termites, ce qui expliquerait l’attraction soudaine qu’ils engendrent. Cependant, les stimuli impliqués sont mal connus. D’après Merbach, l’olfactif n’est pas sollicité, et les chutes dans le pièges semblent être le fruit du hasard ; en effet, beaucoup de termites passent à proximité sans se faire piéger. Les observations montrent qu’après une “session” de captures, les trichomes tombent de l’anneau, qui devient alors marron, et perd son pouvoir attractif. Merbach l’a constaté en observant le comportement d’un groupe de termites face à deux urnes : l’une ayant un anneau de trichomes, l’autre en étant dépourvue suite. Cette dernière a été ignorée par les insectes. Il s’agit probablement d’éviter un surplus de matière organique à l’intérieur du piège, qui aurait pour conséquence sa nécrose, et donc la perte de la nourriture. Nepenthes albomarginata ne capture qu’accidentellement d’autres proies, étant donné que cette espèce ne produit pas de nectar sucré. Chez tous les autres Nepenthes, cette substance participe à l’attraction, par son odeur sucrée, et à la capture, par ses propriétés anti-adhésives.

L’inflorescence paniculée de Nepenthes albomarginata atteint 40 cm de hauteur. Elle est généralement plus longue chez les pieds mâles que chez les pieds femelles. Chaque pédoncule floral porte 1 à 2 fleurs, aux sépales de 4mm, dépourvues de bractées.

Nepenthes ampullaria

Origine et milieux naturels

Cette espèce se retrouve en asie du sud est : Bornéo, Malaisie, Nouvelle-Guinée, Singapour, Sumatra. De basse altitude (0 – 2000 m) , ce nepenthes colonise les marécages des forêts humides, sur des sols sableux, tourbeux voir argileux.

Histoire et Etymologie

Nepenthes ampullaria fut décrit par William Jack (1795–1822) dans un article paru en 1835. Ampulla en latin signifie petite fiole (avec ventre bombé), style ampoulé”.

Description

La tige principale peut mesurer plus de 8 m de long, les urnes sont relativement petites entre 2 et 8 cm. Chez les sujets les plus agées, des rosettes latérales très denses en pièges tapissent alors le sol. Les urnes sont rondes, “ampoulées”, d’où le nom de la plante.

Nepenthes bongso

Origine et milieux naturels

Nepenthes bongso est endémique de l’île indonésienne de Sumatra, où il pousse dans les montagnes du sud-ouest de l’île, entre 1000 et 2700 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le climat est tropical d’altitude, chaud et humide au gré des averses, et plus frais la nuit.

Histoire et Etymologie

Le terme bongso fait référence à la légende indonésienne de Putri Bungsu, une divinité gardienne spirituelle du Mont Marapi, où l’espèce est découverte.

Nepenthes bongso est décrit par le botaniste néerlandais Pieter Willem Korthals en 1839, dans sa monographie Over het geslacht Nepenthes. Plusieurs botanistes (dont Charles Clarke, Matthew Jebb, Martin Cheek et Stewart McPherson) considèrent Nepenthes bongso comme étant un synonyme taxinomique de Nepenthes carunculata, c’est à dire que les deux espèces, bien que décrites à partir de deux spécimens type différents, pourraient être regroupées en une seule et même espèce.

Description

Nepenthes bongso est une plante carnivore vivace terrestre. Elle produit des feuilles coriaces, lancéolées, terminées par un tendril supportant une urne qui lui sert à attirer, capturer et digérer des insectes. Les pièges inférieurs, jaune à rouges, sont hirsutes. Le péristome, jaune ou rouge selon l’exposition, est de plus en plus évasé au fur et à mesure que les urnes grandissent. Les pièges supérieurs, tubulaires, sont d’un jaune clair avec un péristome vert clair.

Nepenthes bongso s’hybride naturellement avec trois espèces : Nepenthes gymnamphora, Nepenthes singalana et Nepenthes talagensis.

Nepenthes copelandii

Origine et milieux naturels

Nepenthes copelandii est endémique de l’île de Mindanao, aux Philippines. Il croît en altitude, sur le Mont Apo, qui surplombe la ville de Davao, et sur le Mont Pasian.

Le climat est tropical humide, chaud toute l’année, avec des nuits douces à fraîches. En journée, les variations de température et d’humidité sont principalement dues à l’alternance d’averses et d’éclaircies.

Histoire et Etymologie

Nepenthes copelandii est décrit en 1908 par le botaniste américain John Muirhead Macfarlane. L’holotype, issu du Mont Apo et conservé à l’herbarium de Manille, est détruit durant la Seconde Guerre Mondiale. L’espèce n’est plus étudiée pendant la plus grande partie de la seconde moitié du XXè siècle. En 1996, une expédition est organisée avec quelques scientifiques dans le but d’étudier les oiseaux du Mont Pasian. Rob Cantley et Andrew Kelly, deux amateurs de Nepenthes, en font partie. Lors de leurs observations des oiseaux, ils aperçoivent des Nepenthes sur les collines environnantes. Intrigués, ils se rendent alors plus près afin de réaliser quelques prises de vues, qui sont probablement toutes les premières images de l’espèce Nepenthes copelandii. En 1998, une expédition de scientifiques allemands sur le Mont Apo permet de découvrir des spécimens qui correspondent parfaitement à la description initiale de l’espèce, et qui s’avèrent être quasiment identiques à ceux photographiés sur le Mont Pasian deux ans plus tôt. Depuis ces découvertes, aucune révision n’a été publiée.

L’épithète spécifique copelandii fait honneur au botaniste et conservateur de l’Herbarium de Manille, Edwin Copeland.

Description

Nepenthes copelandii est une plante carnivore vivace terrestre, grimpant dans les arbres lors de son développement en hauteur. Elle produit des limbes allongés, spatulés ou obovaux, terminés par un tendril. Celui-ci supporte une urne cylindrique, qui lui sert à attirer, capturer et digérer des insectes dans une solution enzymatique qui se trouve au fond. Les urnes inférieures sont vivement colorés de bandes et de taches rouges, marron et jaunes. Les urnes supérieures sont en forme d’entonnoir. Chez les souches originaires du Mont Apo, elles sont d’un vert-jaune pâle, avec quelques marques rouges sous le péristome, lui-même strié de rouge, avec un opercule également maculé de rouge. En revanche, les souches du Mont Pasian développent des urnes supérieures couleur crème jusqu’au péristome. Seule la face inférieure de l’opercule est teintée de rouge.

Les pieds de Nepenthes copelandii peuvent atteindre 3 mètres de haut, les urnes jusqu’à 25 cm de long.

Nepenthes diatas

Origine et milieux naturels

Nepenthes diatas est originaire de Sumatra. L’espèce n’est recensée que sur les plus hautes pentes de sommet Gunung Bandahara, dans la province d’Aceh, entre 2400 et 2900 mètres d’altitude. Elle croît en forêts et sur des crêtes sommitales.

Le climat est tropical humide, doux en journée mais frais la nuit, avec un delta de température atteignant 20°C entre le jour et la nuit.

Histoire et Etymologie

La description de Nepenthes diatas paraît en mai 1997 dans la monographie A skeletal revision of Nepenthes (Nepenthaceae), par les botanistes irlandais Matthew Jebb et Martin Cheek, publiée dans le journal botanique Blumea. Cependant, la première apparition du nom Nepenthes diatas remonte à 1994, dans une publication de Jebb parue dans la Carnivorous Plants Mailing List, intitulée NEPENTHES Revision for Flora Malesiana.

Une étude cladistique menée par le botaniste Charles Clarke en 2001 montre que Neoenthes diatas a pour proche parent Nepenthes densiflora, Nepenthes singalana et Nepenthes spathulata.

Nepenthes diatas est proche de devenir une espèce menacée, selon les critères de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Son maintien durable à l’état naturel est considéré comme dépendant des programmes de conservation.

L’épithète spécifique diatas est dérivé d’un terme indonésien qui signifie “en haut”, “au-dessus”, en référence à l’altitude de croissance très élevée de l’espèce.

Description

Nepenthes diatas est une plante carnivore vivace terrestre, grimpant dans les arbres lors de son développement en hauteur, jusqu’à plus de 5 mètres de haut. Ses urnes, rouges à orange, sont en forme d’entonnoir. Leur péristome, jaune à l’ouverture de l’urne puis rouge ensuite, est divisé en de multiples côtes à la pointe dirigée vers le bas, à l’intérieur de l’urne. Les pièges inférieurs mesurent jusqu’à 25 cm de long.

Nepenthes glabrata

Origine et milieux naturels

L’espèce est originaire des montagnes de l’île de Sulawesi (anciennement Célèbes), une des plus grandes îles d’Indonésie. Elle pousse en forêt pluviale d’altitude, entre 1600 et 2100 mètres d’altitude. Elle a été aperçue en compagnie de Drosera burmannii et de Nepenthes maxima, à une altitude d’environ 1600 mètres.

Histoire et Etymologie

En premier lieu, la plante est décrite par le botaniste japonais Shigeo Kurata, qui la nomme N. rubromaculata. Quatre jours plus tard, le 10 février 1984, les botanistes John Turnbull et Anne Middleton publient une description de la même plante sous le nom de N. glabratus. C’est finalement ce dernier nom qui est retenu (tourné au féminin), car un hybride horticole de Nepenthes porte déjà le nom rubromaculata, proposé par Kurata. Celui-ci est donc considéré comme illégitime. Immédiatement après la publication de l’espèce, Turnbull et Middleton la mettent en culture, et la rendent peu à peu disponibles auprès des amateurs. Ceux-ci définissent deux “formes” distinctes parmi l’ensemble des spécimens cultivés. Ces variantes ne sont pas officiellement enregistrées, mais les cultivateurs leur affectent tout de même un nom : “Palo Alto” pour celle qui produit des urnes compactes et des feuilles étroites, et “Forestville” pour celle qui développe des urnes plus grandes.

L’espèce fait partie du “groupe tentaculata” pour avoir des relations génétiques communes avec Nepenthes tentaculata, Nepenthes muluensis ou encore Nepenthes hamata. Elle semble très proche d’une espèce décrite en 2009, Nepenthes pitopangii, dont les urnes inférieures présentent des similitudes troublantes. Les urnes aériennes sont cependant totalement différentes. Des hybrides naturels avec Nepenthes hamata, Nepenthes maxima et Nepenthes tentaculata ont été découverts.

L’holotype de Nepenthes glabrata, collecté le 31 août 1983 dans le centre de l’île de Sulawesi, aurait été déposé à l’herbarium du jardin botanique de Bogor (Indonésie), mais il n’y a jamais été retrouvé.

Description

Nepenthes glabrata est une plante carnivore vivace terrestre, grimpant dans les arbustes et arbres de forêts de moyenne montagne. Elle produit une tige rouge cylindrique aux inter-nœuds espacés, développant des feuilles munies d’un long tendril supportant un piège en forme d’urne destinée à l’attraction, la capture et la digestion des insectes via un liquide enzymatique. Il arrive que des tendrils portant des urnes se développe sans feuille de support, à la base de la tige principale, à la manière de Nepenthes ampullaria.

Les limbes restent très courts, même quand la plante grandit, puisqu’ils ne dépassent pas 12 cm de long et 3 cm de large. Les pièges sont comparativement petits également ; certaines souches développent des urnes mesurant près de 15 cm, mais leur taille moyenne, à l’âge adulte, se situe autour de 8 cm.

Les pièges inférieurs, légèrement globuleux, arborent une couleur vert-jaune claire et des marques rouges à mi-chemin entre les taches et les striures. Chez certaines souches, c’est le rouge qui prend le dessus sur le vert-jaune en terme de surface. Les pièges aériens sont plus cylindriques et allongés, et développent une teinte encore plus claire, avec toujours quelques marques rouges qui les parcourent dans le sens vertical. Le fin péristome est ovale, jaune clair, et complètement dépourvu de la moindre excroissance.

L’inflorescence porte plus de 50 fleurs vert-rouge sur une hauteur totale d’environ 20 cm, ce qui est inférieur à la plupart des espèces de Nepenthes.

La majeure partie de la plante est glabre, à l’exception de la hampe florale, qui porte un fin duvet blanc de 0,2 mm de long.

Nepenthes gymnamphora

Deux variétés :

  • Nepenthes gymnamphora var. haematamphora
  • Nepenthes gymnamphora var. pectinata

Origine et milieux naturels

Nepenthes gymamphora est originaire des îles indonésiennes de Java et Sumatra. Elle croît tout le long de la chaîne de montagne qui parcourt cette dernière, du nord au sud.

Le climat est tropical humide, d’altitude : chaud en journée et plus frais durant la nuit.

Histoire et Etymologie

La description de Nepenthes gymnamphora est publuée en 1824. Elle est imputable à Caspar Georg Carl Reinwardt et Christian Nees von Esenbeck, botanistes respectivement néerlandais et allemand.

Plusieurs souches de Nepenthes gymnamphora sont découvertes à Java et à Sumatra. Leurs similitudes et différences ont conduit à diviser le taxon en plusieurs espèces, dont le Nepenthes gymnamphora original, Nepenthes pectinata et Nepenthes xiphioides. À l’heure actuelle, Nepenthes pectinata n’est plus acceptée en tant qu’espèce mais est réduite au rang de variété de Nepenthes gymnamphora (Friedrich Miquel, 1851). Nepenthes xiphioides conserve son statut spécifique selon les travaux des botanistes Bruce Salmon et Ricky Maulder, dans une publication de la Carnivorous Plants Newsletter, en 1995. Les auteurs y mettent en exergue de nombreuses différences entre cette espèce et Nepenthes gymnamphora, jugées suffisamment significatives pour ne pas regrouper les deux taxons.

Le statut de conservation de l’espèce, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, est “préoccupation mineure”, ce qui indique des populations fournies et qui n’ont aucun mal à s’auto-entretenir.

L’épithète spécifique gymnamphora est dérivé du grec gymnos (nu) et amphoreus (amphore, urne).

Plusieurs hybrides naturels impliquent Nepenthes gymnamphora :

  • Nepenthes bongso × Nepenthes gymnamphora
  • Nepenthes gymnamphora × Nepenthes mikei (= Nepenthes × pangulubauensis)
  • Nepenthes gymnamphora × Nepenthes ovata
  • Nepenthes gymnamphora × Nepenthes reinwardtiana
  • Nepenthes gymnamphora × Nepenthes rhombicaulis
  • Nepenthes gymnamphora × Nepenthes singalana
  • Nepenthes gymnamphora × Nepenthes spathulata
  • Nepenthes gymnamphora × Nepenthes spectabilis
  • Nepenthes gymnamphora × Nepenthes talangensis

Description

Nepenthes gymnamphora est une plante carnivore vivace terrestre, grimpante. Elle produit des feuilles lancéolées le long d’une tige épaisse, terminées par un tendril supportant une urne pour la capture et la digestion des insectes. Les marges des feuilles sont couvertes d’une pilosité courte mais dense. Les urnes inférieures, légèrement globuleuses, mesurent 8 à 12 cm de haut pour 3 à 4 cm de large. Elles arborent des couleurs allant du jaune au rouge et au pourpre en fonction de la luminosité, avec souvent un panachage de jaune et de rouge. Leur péristome développe des côtes bien visibles. Les tendrils sont d’une longueur comparable à celle des urnes elles-même. Les urnes supérieures sont plus allongées et mesurent jusqu’à 18 cm. Elles sont plus pâles que les urnes inférieures.

L’inflorescence porte une ou deux fleurs.

Nepenthes hamata

Origine et milieux naturels

L’espèce est originaire des montagnes de l’île de Sulawesi (anciennement Célèbes), une des plus grandes îles d’Indonésie. Elle pousse en forêt pluviale d’altitude, dans des milieux souvent difficile d’accès car pentus et très denses en végétation. De fait, elle croît principalement à l’ombre.

Histoire et Etymologie

En 1984, la primeur de la description de Nepenthes hamata se dispute entre le botaniste japonais, spécialiste des Nepenthes Shigeo Kurata, et les botanistes John Turnbull et Anne Middleton. Dans la description du Gardens Bulletin Singapore, Kurata la nomme N. dentata. Dans le même temps, Turnbull et Middleton publient, dans la revue Reinwardtia, une description de la même plante sous le nom de N. hamatus, créant une certaine confusion au sein de la communauté scientifique. Cette description aurait par trois semaine avant celle de Kurata, bien que celui-ci aie évoqué l’espèce au préalable dans le Journal of the Insectivorous Plant Society (Japan). Face au succès que remporte le nom hamata (dont le suffixe a été tourné au féminin) auprès des spécialistes, c’est finalement celui-ci qui est retenu. Mais cela n’a pas dissipé les doutes pour autant ; ainsi certains taxinomistes considèrent N. dentata et N. hamata comme deux espèces distinctes. Selon certains cultivateurs, N. hamata serait un hybride impliquant N. dentata ; cette dernière serait alors la véritable espèce.

À l’heure actuelle, les deux sont synonymes, et hamata reste le nom officiel. Il vient du latin hamatus, qui signifie “pourvu de crochets”.

L’espèce est génétiquement proche de Nepenthes murudensis, Nepenthes muluensis, Nepenthes tentaculata et Nepenthes glabrata, avec lesquelles elle partage des traits morphologiques. Des hybrides naturels impliquant ces deux dernières espèces ont d’ailleurs été découverts.

Description

Nepenthes hamata est une plante carnivore vivace épiphyte, grimpant dans les arbustes et arbres de forêts de moyenne montagne. Elle produit une tige de feuilles alternes relativement étroites, terminées par un tendril rigide, duveteux, supportant une urne destinée à l’attraction, la capture et la digestion des insectes. Les urnes inférieures sont légèrement globuleuses dans leur partie inférieure, qui abrite le liquide enzymatique où se noient les proies. La lèvre constituant le péristome est transformée en une série de crochets durs, dont la pointe est recourbée vers de l’intérieur du piège. On en compte généralement entre 40 et 55 par urne. L’opercule compte une vingtaine de poils sur sa partie supérieure. Il semble que cela soit un caractère ancien. La coloration est intense, du jaune foncé au pourpre, avec des motifs s’apparentant à un camouflage. Le péristome crochu est presque noir.

Les urnes supérieures arborent une teinte beaucoup plus claire, un vert/jaune parsemé d’un réseau de veines rouges très fines. Les crochets sont encore plus proéminents, et plus ouverts vers l’extérieur que ceux des urnes inférieures. Il sont également plus espacés, et donc moins nombreux.

Le rôle de ces crochets semble être le maintien à l’intérieur des urnes des escargots. Bien que leur corps, qui fait office de ventouse, puisse sans problème remonter la paroi des pièges, ils se trouvent irrémédiablement bloqués par les crochets, trop serrés pour permettre le passage de la coquille. Par ailleurs, leur caractère acéré, dangereux pour les corps mou, empêche également tout passage par le dessus.

Nepenthes hirsuta

Origine et milieux naturels

Nepenthes hirsuta est endémique de Bornéo (Brunei, Kalimantan, Sabah, Sarawak), où il pousse dans des forêts à basse altitude, entre 200 et 1100 mètres. Le sol est superficiellement composé d’humus ou de mousse, puis de sable et de grès en profondeur. Les pieds bénéficient d’un ombrage important des arbres qui les entourent. Certaines souches se développent dans des endroits plus ouverts, et donc plus exposés aux rayons du soleil.

Le climat est tropical humide, chaud toute l’année, avec peu de différences de températures entre le jour et la nuit. Les variations sont principalement engendrées par l’alternance d’averses et d’éclaircies.

Histoire et Etymologie

Nepenthes hirsuta est décrit en 1873 par le botaniste britannique Joseph Dalton Hooker. À la fin du XIXè et au début du XXè siècle, des variétés sont proposées.

  • En 1882, William Gardner Smith décrit Nepenthes hirsuta var. glabrescens. Plus tard, cette variété est élevée au rang d’espèce en tant que Nepenthes distillatoria.
  • En 1908, John Muirhead Macfarlane décrit la variété Nepenthes hirsuta var. glabrata (certaines souches de Nepenthes hirsuta ne développant pas la pilosité caractéristique) et appelle l’espèce type Nepenthes hirsuta var. typica.

Aujourd’hui, ces variétés ne sont plus reconnues, étant considérées comme des variations de l’espèce Nepenthes hirsuta qui ne méritent pas de rang taxinomique propre.

En 1928, le botaniste hollandais Benedictus Hubertus Danser décrit Nepenthes leptochila, plus tard considéré comme synonyme de Nepenthes hirsuta.

L’épithète spécifique vient du latin hirsūtus, qui signifie “hirsute”, “poilu”, se réfère à une caractéristique morphologique qui le distingue de la plupart des autres Nepenthes : la présence de poils courts mais épais, sur les pétioles, les tendrils et même les inflorescences.

Description

Nepenthes hirsuta est une plante carnivore vivace terrestre, grimpant dans les arbres lors de son développement en hauteur. Elle produit des limbes allongés, spatulés ou obovaux, couverts de poils sur leurs deux surfaces, terminés par un tendril également poilu. Celui-ci supporte une urne cylindrique (dont le bourgeon est particulièrement hirsute), légèrement bombée dans sa partie inférieure, qui lui sert à attirer, capturer et digérer des insectes dans une solution enzymatique qui se trouve au fond. Leur teinte est généralement un vert-jaune pâle ; elles deviennent mouchetées de rouge après quelques jours si la lumière est suffisamment intense. Selon les souches, le rouge peut apparaître sur la partie supérieure des pièges seulement, ou sur l’ensemble de leur surface. Les pieds de Nepenthes hirsuta peuvent atteindre 2 mètres de haut, les urnes jusqu’à 15 cm, et l’inflorescence 20 cm. Comparativement aux autres espèces du genre Nepenthes, il est dans la fourchette basse pour ce qui est du gabarit. D’un point de vue morphologique, Nepenthes hirsuta est proche d’autres espèces, telles que Nepenthes hispida, Nepenthes macrovulgaris et Nepenthes philippinensis.

Trois hybrides naturels impliquant Nepenthes hirsuta sont recensés.

  • Nepenthes albomarginata × Nepenthes hirsuta
  • Nepenthes ampullaria × Nepenthes hirsuta
  • Nepenthes hirsuta × Nepenthes lowii

Nepenthes mira

Origine et milieux naturels

Nepenthes mira est endémique de l’Aiguille de Cléopâtre, une montagne située sur l’île philippine de Palawan. Son altitude de croissance varie entre 1550 et 1600 mètres. Le climat est tropical, d’altitude, avec des journées chaudes ponctuées d’averses et des nuits plus fraîches, très humides.

Histoire et Etymologie

Compte tenu de sa localisation géographique restreinte, et de sa croissance en terrain accidenté, Nepenthes mira ne fait pas partie des premiers Nepenthes découverts. Sa description est publiée en 1998 par les botanistes britanniques Matthew Jebb et Martin Cheek, spécialistes du genre Nepenthes. En dépit de son isolement géographique, ils indiquent que cette espèce serait proche parente de Nepenthes edwardsiana, Nepenthes macrophylla et Nepenthes villosa. Elle est présente en culture seulement quelques années après sa découverte. Les amateurs la surnomment parfois “la Nepenthes rajah” des Philippines, en raison de sa similitude morphologique avec la célèbre espèce de Bornéo.

L’épithète spécifique mira est dérivé du latin mirus qui signifie “merveilleux”, en référence au gabarit et à la couleur rouge orangée intense des urnes qu’elle produit.

Description

Nepenthes mira est une plante carnivore vivace. Elle produit des limbes allongés terminés par un tendril, supportant une urne destinée à la capture et à l’attraction des insectes. Globuleuses, devenant massives avec l’âge, elles arborent un péristome aux côtes développées, qui se terminent en pointant vers l’intérieur du piège. Les deux parties du péristome se rejoignent au centre pour se prolonger en une colonne de pointes jusqu’à l’opercule. Ces urnes-pièges sont d’un rouge orangé vif si leur exposition est ensoleillée. Elles sont jaunes avec des taches rouges si elles se développent à l’ombre. Le tendril s’épaissit avec l’âge, pour atteindre jusqu’à 5 mm de diamètre. Il développe une légère pilosité cotonneuse.

L’espèce ne semble pas développer de variabilité particulière, toutes les plantes découvertes sont semblables.

Nepenthes ramispina

Origine et milieux naturels

L’espèce est originaire de Malaisie occidentale, dans la montagnes de la région de Titiwangsa, au nord-est de Kuala Lampur (Kelantan, Negri Sembilan, Pahang, Perek et Selangor). Elle croît dans les forêts de nuages, à une altitude variant entre 900 et 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur des pentes, desfalaises ou des sommets recouverts, au milieu d’une végétation secondaire. Le climat est tropical d’altitude, rythmé par une alternance d’averses et d’éclaircies, quand le brouillard n’est pas présent.

Histoire et Etymologie

Nepenthes ramispina est décrite en 1908 par le botaniste et géologue anglais Henry Nicholas Ridley. Ses points communs avec Nepenthes gracillima mènent à une certaines confusion quant au placement des deux taxons. Leur histoire conjointe est la suivante.

  • En 1924, Ridley lui-même propose la variété Nepenthes gracillima var. major. Elle est aujourd’hui synonyme de Nepenthes ramispina.
  • En 1928, le botaniste néerlandais Danser valide Nepenthes gracillima, en considérant Nepenthes ramispina comme synonyme.
  • En 2000, le botaniste Westphal divise le taxon Nepenthes gracillima en deux formes : Nepenthes gracillima f. gracillima et Nepenthes gracillima f. ramispina, jugeant les différences suffisamment significatives.
  • En 2001, Charles Clarke, botaniste spécialisé dans les Nepenthes, choisit de séparer les deux taxons en deux espèces distinctes : Nepenthes ramispina et Nepenthes gracillima.

L’épithète spécifique ramispina est dérivé du latin ramus (branche) et spina (éperon).

Description

Nepenthes ramispina est une plante carnivore vivace terrestre ou épiphyte, grimpant dans les arbustes et arbres ou rampant parmi la végétation environnante, sur plusieurs mètres. Elle produit des feuilles vert foncé, obovales à oblongues, terminées par un tendril supportant une urne destinée à attirer, capturer et digérer des insectes. Ces urnes sont allongées, cylindriques, et mesurent jusqu’à 22 cm de long et 5 de large au niveau de l’ouverture. Celle-ci est entourée d’un péristome fin et surplombée par un capuchon relativement large, dont la base est recouverte de nombreuses glandes nectarifères. Le tiers inférieur des urnes est légèrement bombé. La structure est parcourue par une paire d’ailettes filamenteuses dont la largeur peut atteindre 12 mm près du péristome. Elles raccourcissent au fur et à mesure qu’on se dirige vers le bas. La couleur varie du rouge violacé au bleu gris, parfois presque noire, tandis que l’intérieur des pièges est jaune clair à verdâtre. Le capuchon est noir sur sa partie supérieure, jaune-orange sur sa face inférieure. Les urnes supérieures sont d’un vert clair pâle, et parsemées de taches noires sur leur surface externe. Le péristome, d’abord jaune pâle à l’ouverture, rougit au fil des jours. Les ailettes sont réduites à de simples côtes. La taille maximale des urnes supérieures est légèrement moindre en comparaison avec urnes inférieures (jusqu’à 20 cm de long pour 4 de large). Cependant, il est rare d’en observer de si grandes.

Les urnes ont un éperon divisé en plusieurs branches, ce qui a valu à l’espèce l’épithète ramispina.

Deux hybrides naturels sont recensés :

  • Nepenthes macfarlanei × Nepenthes ramispina
  • Nepenthes ramispina × Nepenthes sanguinea

Nepenthes rafflesiana

Nom français : Népenthès de Raffles

Quatre variétés :

  • Nepenthes rafflesiana var. elongata
  • Nepenthes rafflesiana var. gigantea ou Nepenthes rafflesiana f. gigantea
  • Nepenthes rafflesiana var. nigropurpurea
  • Nepenthes rafflesiana var. nivea

Origine et milieux naturels

L’espèce est originaire d’Asie du sud-est. Elle est courante à Bornéo, présente mais plus rare à Sumatra (ouest de l’île, entre Indrapura et Barus), en Malaisie (principalement dans l’état de Johor), ainsi qu’au sud de Singapour (archipel Riau). Elle pousse le plus souvent dans des milieux ouverts, très humides, au sol sableux, parfois tourbeux, et recouvert d’humus. On la trouve également en forêt de bruyère, en marge de tourbières et sur des falaises côtières. L’altitude varie du niveau de la mer à 1500 mètres d’altitude, mais la plupart des souches croissent entre 0 et 1000 mètres. Le climat est tropical humide, chaud toute l’année, avec un fraîchissement nocturne modéré au-dessus de 1000 mètres.

Histoire et Etymologie

En 1819, Dr William Jack, botaniste britannique, explore des îles situées au sud ouest de la Malaisie. Dans les bois, il découvre deux espèces de Nepenthes, dont celle qui sera décrite comme Nepenthes rafflesiana. Étourdi par la beauté de cette plante, il décide d’envoyer en Europe quelques spécimens complets, en vue d’une description, et pour attirer l’attention des botanistes sur la riche flore de cette partie de l’Asie. Dr. William Jack décrit l’espèce en 1835. L’épithète spécifique rafflesiana est donné en l’honneur de Sir Stamford Raffles, homme d’état britannique, qui a soutenu Jack dans ses recherches et l’a aidé à faire connaître son travail auprès des scientifiques européens.

Par la suite, les botanistes se rendent compte que l’espèce est non seulement relativement répandue, mais aussi particulièrement variable en fonction des localités. Un certain nombre de Nepenthes découverts dans les décennies qui suivent sont décrits comme étant de nouvelles espèces : Nepenthes hemsleyana (Macfarlane, 1908), Nepenthes nigropurpurea (Masters, 1882), ou encore Nepenthes sanderiana (Burbidge, 1904) sont aujourd’hui considérés comme des synonymes de Nepenthes rafflesiana. Également, beaucoup de variétés sont décrites. Aujourd’hui, seules 3 ou 4 sont admises, les autres étant soit des hybrides, soit de simples variations de l’espèce type.

Description

Nepenthes rafflesiana est une plante carnivore vivace terrestre, grimpant dans les arbustes et arbres si disponibles, ou rampant au sol le cas échéant. De grand gabarit, elle produit une tige de feuilles longues mais relativement étroites, terminées par un tendril rigide, supportant une urne destinée à l’attraction, la capture et la digestion des insectes. La tige principale peut atteindre 15 mètres de haut, et 1 cm d’épaisseur. Les feuilles mesurent jusqu’à 80 cm de long, avec un tendril allant jusqu’à 110 cm de long. À son stade grimpant, les espaces entre chaque feuille peuvent atteindre 20 cm. D’abord couverte d’une pilosité éparse, la plante est de moins en moins poilue au fur et à mesure qu’elle grandit, jusqu’à devenir parfois entièrement glabre. Nepenthes rafflesiana est considéré comme le Nepenthes le plus variable après Nepenthes mirabilis, développant des formes et des couleurs très différentes en fonction de la localité.

Les urnes, qui constituent les pièges de la plante, ont un dimorphisme marqué. Les urnes inférieures sont bulbeuses, légèrement allongées, et possèdent un péristome strié proéminent qui s’allonge en direction du capuchon. Une paire d’ailettes très développées se trouve sur la face avant. Elles atteignent 35 cm de haut et 15 cm de large (respectivement 45 cm et 20 cm pour les formes géantes). Les urnes supérieures sont plus élancées, en forme d’entonnoir. Une portion frontale du péristome développe une proéminence caractéristique. Les couleurs sont généralement plus intenses sur les urnes inférieures ; on retrouve un panache de vert, jaune et rouge plus ou moins foncé, parfois presque marron. Les urnes supérieures arborent un vert-jaune clair, parfois blanc-crème, et des marques rouges nombreuses mais moins étendues. Les pièges de Nepenthes rafflesiana ont une capacité atteignant parfois le litre. Les formes géantes sont les mieux dotées en la matière. Elles concurrencent sans problème les urnes de Nepenthes rajah et de Nepenthes truncata. Ce volume permet la capture d’un grand nombre d’insectes de grande taille.

L’inflorescence est un racème de 20 à 70 cm de haut, qui produit des fleurs rouges à pourpres, s’épanouissant seules ou par paires.

Nepenthes rajah

Origine et milieux naturels

Cette plante vit dans une zone très localisée, restreinte au mont Kinabalu et à son voisin, le mont Tambuyukon. Cette zone se trouve dans l’État de Sabah en Malaisie sur l’île de Bornéo. Elle vit sur des sols ultramafiques (riches en fer et magnésium), herbeux et est habituée à un climat tropical, humide, d’altitude.

Histoire et Etymologie

Joseph Dalton Hooker décrit N. rajah en 1859, il l’a nommé en l’honneur de Sir James Brooke, le premier des Râjas blancs de Sarawak. Le nom scientifique latin fut au départ écrit Nepenthes Rajah, avec une majuscule à Rajah puisqu’il dérivé d’un nom propre. Cependant la majuscule n’est plus considérée comme correcte. Le nom anglophone commun « Rajah Brooke’s Pitcher Plant » (Plante à urnes du Râja Brooke) est rarement employé pour cette espèce, son nom scientifique binomial est celui le plus employé pour la désigner. L’épithète spécifique rajah signifie « roi » en malais et ceci, associé aux dimensions impressionnante de ses urnes, a conduit N. rajah a souvent être considéré comme le « Roi des népenthès » (« King of Nepenthes »).

Description

Nepenthes Rajah est une plante vivace terrestre. Chacune de ces feuilles comporte une urne remplie de substance digestive ( enzymes ) servant de piège passif à la plante pour attirer, capturer et digérer des insectes et parfois des petits mammifères. Nepenthes rajah est célèbre pour ses pièges géants en forme d’urnes, ils mesurent jusqu’à 35 cm de haut et 18 cm de large. Ces urnes peuvent contenir 3,5 litres d’eau et plus de 2,5 litres de liquide digestif, ce qui en fait probablement l’espèce au plus grand volume du genre.

Nepenthes reinwardtiana

Une variété

  • Nepenthes reinwardtiana var. samarindaensis

Origine et milieux naturels

Nepenthes reinwardtiana est présent sur les îles de Bornéo et de Sumatra. Son altitude de croissance varie largement, entre le niveau de la mer et 2200 mètres d’altitude. Le climat est tropical humide, plus ou moins frais la nuit en fonction de l’altitude.

Histoire et Etymologie

Nepenthes reinwardtiana est décrit en 1852 par le botaniste néerlandais Friedrich Anton Wilhelm Miquel.

Durant le XXe siècle, des sources indiquent que l’espèce est présente à Singapour et en Malaisie occidentale. Toutefois, aucun spécimen n’a été trouvé lors des expéditions menées plus tard.

En 2001, le botaniste et taxinomiste Charles Clarke effectue une analyse phylogénétique des Nepenthes de Sumatra. Il en résulte que Nepenthes reinwardtiana est génétiquement proche de Nepenthes gracilis, et est ancêtre de Nepenthes tobaica, Nepenthes mikei et Nepenthes angasanensis.

L’épithète spécifique reinwardtiana est dérivé du nom d’un botaniste néerlandais, Caspar Georg Carl Reinwardt.

Description

Nepenthes reinwardtiana est une plante carnivore vivace. Elle produit des limbes allongés terminés par un tendril, supportant une urne destinée à la capture et à l’attraction des insectes. Les urnes sont allongées et filiformes, souvent vertes mais parfois couvertes de taches marron, et mesurent jusqu’à 25 cm. Leur péristome est fin. Les urnes supérieures ont une forme semblable, mais sont plus bombées dans leur partie inférieure. Elles se terminent par une ouverture aussi large que la partie inférieure, le milieu étant plus étroit. L’intérieur de l’urne, visible lorsqu’on la regarde de face, comprend deux points verdâtres couramment désignés comme des “yeux” chez les amateurs de Nepenthes. Ces points jouent un rôle probable dans l’attraction des insectes ; ceux-ci allant “découvrir” de quoi il s’agit, ils tombent dans le piège, la surface où ils se trouvent étant très lisse.

Il existe de nombreuses variantes naturelles de l’espèce, la coloration étant leur principal différenciateur. Un taxon de rang inférieur est décrit en 1993 par le botaniste malaisien Jumaat Haji Adam et le taxinomiste américain Christopher C. Wilcock : Nepenthes reinwardtiana var. samarindaensis.

Nepenthes sanguinea

Origine et milieux naturels

Nepenthes sanguinea est une plante carnivore endémique de la Malaisie péninsulaire, où il pousse dans des forêts humides situées en zone montagneuse, parfois abrupte. Son aire de croissance est comprise entre 900 et 1800 mètres d’altitude. Le climat y est tropical, chaud toute l’année, mais un peu plus frais la nuit du fait de l’altitude, avec des précipitations abondantes. Le sol est le plus souvent constitué d’humus acide.

Histoire et Etymologie

Le terme sanguinea vient du latin sanguineus, qui signifie “rouge sang”, en référence aux urnes qui arborent parfois une couleur rouge sang.

Nepenthes sanguinea est décrit puis introduit en culture par le botaniste anglais Thomas Lobb, en 1847. Les pépinières Veitch popularisent l’espèce auprès des amateurs du genre Nepenthes, qui apprécient sa culture simple et sa croissance rapide.

Depuis, de nombreuses variantes ont été découvertes, mais aucune variété ou forme n’a été officiellement publiée, les différences de colorations ayant été jugées insuffisantes pour dissocier les plantes au niveau taxinomique. En revanche, un cultivar a été créé en Hollande et reproduit massivement pour une distribution en jardinerie : Nepenthes sanguinea ‘Black Beauty’ .

Description

Nepenthes sanguinea est une plante carnivore vivace terrestre, à la croissance vigoureuse. Elle produit de longues feuilles terminées par un tendril supportant une urne qui lui sert à attirer, capturer et digérer des insectes. Les pièges inférieurs sont souvent rouges, mais leur teinte peut aller du pourpre au vert, en passant par le violet, le orange, le jaune et le vert. En forme de tunnel, ils sont élancés, parfois légèrement dodu, et mesurent jusqu’à 30 cm de haut sur 10 cm de large. L’intérieur des urnes est plus clair, mais souvent tacheté de rouge sur une surface plus ou moins grande. Le péristome est relativement fin, rouge également, et s’étire nettement vers le capuchon.

Les urnes supérieures sont d’une forme similaire, mais leur couleur est principalement le vert. Le rouge subsiste sous la forme de points disséminés autour du péristome, qui arobre des stries.

Nepenthes singalana

Origine et milieux naturels

L’espèce est originaire du Mont Singgalang, au centre de l’île de Sumatra. Des souches ont été découvertes sur le volcan Belirang, ainsi que sur quelques autres montagnes du sud et de l’ouest de l’île, entre 2000 et 2900 mètres d’altitude.

Histoire et Etymologie

L’espèce tire son nom du Mont Singgalang, première montagne où elle a été découverte. Nepenthes singalana a longtemps été considérée comme un possible synonyme de Nepenthes diatas. En 2001, une révision de Charles Clarke concernant les Nepenthes de Malaisie place N. singalana en relation avec Nepenthes spathulata, Nepenthes diatas et Nepenthes densiflora, selon des traits morphologiques communs à ces espèces, mais confirme la plante en tant qu’espèce à part entière.

Description

Nepenthes singalana est une plante carnivore vivace épiphyte, grimpant dans les arbustes de forêts de haute montagne. Comme la plupart des Nepenthes de très haute altitude, sa croissance est lente, mais les feuilles produites sont dures et coriaces. Le limbe, fin et elliptique, est terminé par un tendril particulièrement long (relativement à la longueur du limbe), supportant une urne qui lui sert à attirer, capturer et digérer des insectes dans un liquide enzymatique qui se trouve au fond de celle-ci. Ces pièges sont d’abord vertes à jaune pâle, puis prennent une vive teinte rouge au soleil, sur toute leur surface. Les urnes des plus vieux spécimens peuvent dépasser 20 cm. Leur péristome, qui entoure l’ouverture, arbore des stries qui s’étendent en crochets à l’âge adulte. Bien visibles, ils sont cependant moins protubérants que chez Nepenthes hamata et Nepenthes villosa.

Nepenthes smilesii

Origine et milieux naturels

Cette espèce se retrouve sur toute la péninsule indochinoise : nord-est de la Thaïlande, le sud du Laos, au Cambodge, ainsi qu’au sud ouest du Vietnam. De relative haute altitude (0 – 1500 m) , ce nepentes supporte des températures extrêmement basse pour le groupe des Nepenthes indochinoises (entre 1°C en 10°C la nuit en saison froide, il se trouve dans des milieux très variés : savane, forêt de bambou, lisière de forêt…il peut se retrouver en bosquet au milieu d’une plaine herbeuse, en plein soleil ou grimpant sur plusieurs mètres, accroché aux branches des arbres.

Histoire et Etymologie

Nepenthes smilesii fut découvert par Frederic Henry Smiles lors d’une collecte en Thaïlande dans les années 1890. La plante fut décrite et nommée par Hemsley en 1895. Peut après, Nepenthes anamensis fut décrit portant la confusion sur l’espèce tout au long du 20ème siècle.

Description

Formant des rosettes compactes aux sols, aux feuilles courtes et colorées les plantes poussant dans la savane, ont des pièges plus petits que les plantes poussant à l’abri des arbres. On trouvera ainsi dans la nature un grand nombre de formes d’urnes de Nepenthes smilesii : sans doute dues à la présence quasi systématique de nepenthes mirabilis sur le territoire indochinois avec qui de nombreuses hybridations s’opèrent. En générale, les feuilles font une quarantaine de centimètre, les urnes inférieures verte-rouge possèdent des ailettes et ont la partie inférieure bombée. Les urnes supérieures font jusqu’à 25 cm de long, fines et moins colorées, elles sont plus petites en saison sèches.

Nepenthes spectabilis

Origine et milieux naturels

L’espèce est originaire des provinces indonésiennes du nord de Sumatra, dont Aceh. La limite méridionale de sa distribution est la région du lac Toba, et sa limite septentrionale le Mont Kemiri. Entre les deux, on la trouve sur les Monts Siluatan, Bandahara, Pinto, Pangulubao et Sibajak. Elle croît en forêt moussue, sur des terrains parfois très pentus, entre 1400 et 2200 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le climat est tropical, humide, chaud toute l’année, mais avec des différences de température marquées entre le jour et la nuit.

Histoire et Etymologie

Le premier spécimen est récolté en 1920 sur le Mont Sibajak, entre 1800 et 1900 mètres d’altitude, par le botaniste allemand Julius August Lörzing. Baptisé Lörzing 7308, il constitue l’holotype, et est déposé aux Jardins Botaniques de Bogor (Indonésie), accompagné de pièces florales issues d’un pied mâle et d’un pied femelle. La description n’est publiée que 8 ans plus tard dans la monographie The Nepenthaceae of the Netherlands Indies, par le botaniste hollandais Benedictus Hubertus Danser, dans laquelle il indique que l’espèce est proche parente de Nepenthes sanguinea . L’épithète spécifique spectabilis signifie “visible” et “remarquable” en latin, les ascidies de plante étant parée de couleurs particulièrement vives. L’espèce est considérée comme proche de Nepenthes lavicola, à la morphologie semblable.

Jusqu’en 1986, aucune publication ne vient compléter ou remettre en cause celle de Danser.

  • En 1986, la description de l’espèce est reprise dans la monographie Nepenthes of Sumatra (Rusjdi Tamin et Mitsuru Hotta).
  • En 1987, un article du botaniste indonésien Bruce Lee Bednar, publié dans la Carnivorous Plants Newsletter, indique que la plante commence à sa répandre parmi les horticulteurs.
  • La même année, le taxinomiste allemand Jan Schlauder indique qu’il considère Nepenthes spectabilis comme synonyme de Nepenthes curtisii.

En 1995, suite à des observations in situ, le botaniste australien Charles Clarke indique que l’espèce a souffert de la collecte. En effet, très peu de jeunes plants sont visibles, la plupart sont très âgés. Elle est aujourd’hui classée comme “vulnérable” par l’IUCN.

Description

Nepenthes spectabilis est une plante carnivore vivace terrestre ou épiphyte, grimpant dans les arbres de forêts de moyenne et haute montagne. Sa tige principale peut atteindre 6 mètres, pour 7 mm de diamètre. Le limbe, vert, oblong, mesure jusqu’à 16 cm de long pour 6 cm de large. Il est terminé par un tendril long de 25 cm, supportant une urne qui lui sert à attirer, capturer et digérer des insectes dans une solution enzymatique qui se trouve au fond.

Les urnes inférieures sont cylindriques, allongées, et arborent un motif de taches jaunes et pourpres. Leur face avant est pourvue d’ailettes. Le péristome, ovale, s’allonge parfois fortement du côté de l’opercule. Il est strié de jaune et de pourpre. Elles atteignent 12 à 15 cm de long pour 4 cm de large. Les urnes supérieures sont en forme d’entonnoir jusqu’au tiers inférieur, puis cylindriques jusqu’au péristome. Elles sont deux fois plus longues que les urnes inférieures mais ne sont plus larges que de quelques millimètres. Le péristome est plus fin et les ailettes moins protubérantes. Contrairement à beaucoup d’autres Nepenthes, les couleurs ne sont pas plus claires sur les urnes supérieures.

La plupart des souches développent une pilosité marron à rouge foncé sur les parties en développement. Une pilosité se développe également sur l’inflorescence et sur la veine centrale inférieure du limbe. De subtiles différences de formes sont perceptibles en fonction de la localisation géographique des spécimens. La souche originaire de Bandahara semble être la plus massive de toutes. Elle se reconnaît notamment à son péristome très évasé.

Nepenthes spectabilis étant de distribution large, de nombreux hybrides naturels existent :

  • Nepenthes ovata × Nepenthes spectabilis
  • Nepenthes rigidifolia × Nepenthes spectabilis
  • Nepenthes gymnamphora × Nepenthes spectabilis
  • Nepenthes mikei × Nepenthes spectabilis
  • Nepenthes rhombicaulis × Nepenthes spectabilis
  • Nepenthes spectabilis × Nepenthes tobaica

Nepenthes tentaculata

Deux variétés :

  • Nepenthes tentaculata var. imberbis (Beccari, 1886)
  • Nepenthes tentaculata var. tomentosa (Macfarlanei, 1908)

Origine et milieux naturels

Nepenthes tentaculata est originaire de Bornéo et de Sulawesi. La distribution de cette espèce est relativement étendue, tout comme l’altitude à laquelle elle croît ; elle se développe aussi bien en plaine qu’en montagne, entre 400 et 2550 mètres. À Bornéo, elle serait présente sur toutes les montagnes de plus de 1000 mètres d’altitude, et pousse principalement entre 1200 et 2500 mètres d’altitude. c’est sur les montagnes côtières de Sabah et de Sarawak qu’elle vit à plus basse altitude, jusqu’à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Elle se développe en forêts de nuages (forêts d’altitude souvent embrumées) mais aussi au sein de la végétation des crêtes de montagnes. Le climat est tropical humide, chaud toute l’année en journée, et avec des différences de températures entre le jour et la nuit d’autant plus marquées que l’altitude est élevée.

Histoire et Etymologie

La description de Nepenthes tentaculata est publiée 1873 par le botaniste britannique Joseph Dalton Hooker, dans sa monographie Nepenthaceae, sur la base de spécimens récoltés par un collègue, Thomas Lobb, en 1853. La description de l’espère fait ensuite l’objet de deux révisions.

  • En 1908, John Muirhead Macfarlane (botaniste écossais) propose une description révisée, agrémentée de nouvelles illustrations.
  • En 1928, Benedictus Hubertus Danser (botaniste hollandais) publie The Nepenthaceae of the Netherlands Indies, dans lequel il développe une description corrigée.

Le statut de conservation de l’espèce est “préoccupation mineure” selon une évaluation menée en 2000 sur le terrain.

L’épithète spécifique tentaculata vient du latin tentacula, qui signifie “tentacule”, en référence aux appendices situés sur l’opercule des urnes.

Description

Nepenthes tentaculata est une plante carnivore vivace terrestre, grimpant dans les arbres lors de son développement en hauteur, jusqu’à plus de 3 mètres de haut. La tige principale peut mesurer jusqu’à 5 mm de diamètre. Elle produit des limbes sessiles à la base amplexicaule, elliptiques ou lancéolés, et mesurant jusqu’à 15 cm de longueur pour 3 de largeur. Le tendril qui termine les limbes supporte une urne relativement petite (15 cm de long en moyenne, exceptionnellement jusqu’à 30 cm). Les urnes basses sont bombées dans leur tiers inférieur, puis cylindriques jusqu’au péristome. Elles arborent une paire d’ailettes qui part du péristome et descend sur toute la partie frontale. Les urnes supérieures sont cylindriques de haut en bas, plus effilées, et n’ont plus que de petites côtes en lieu et place des ailettes. Leur teinte varie en fonction de la souche : de rouge pourpre, presque marron pour la souche du Mont Api, à vert-jaune pour les spécimens du Mont Murud, en passant par rouge moucheté sur le Mont Kinabalu (trois montagnes de Bornéo). Les urnes hautes sont généralement vert clair. Le fin péristome côtelé (5 mm de diamètre) porte de petites dents le long de la marge intérieure. De petits appendices de quelques millimètres de long sont présents sur l’opercule du péristome. Il s’agirait d’un caractère ancien qui tend à moins s’affirmer au fil de l’évolution, et qui a déjà disparu de certaines souches. Contrairement à beaucoup de Nepenthes, cette espèce est entièrement glabre.

L’inflorescence de Nepenthes tentaculata est un racème dont le pédoncule mesure environ 15 cm de haut. Les fleurs, dépourvues de pétales, ont des sépales de 3 mm.

Nepenthes tentaculata fait partie d’un groupe de Nepenthes qui ont des caractéristiques semblables et qui partagent le même milieu, à savoir Nepenthes glabrata, Nepenthes hamata, Nepenthes muluensis et Nepenthes murudensis.

Huit hybrides naturels impliquant Nepenthes tentaculata sont recensés.

  • Nepenthes burbidgeae × Nepenthes tentaculata
  • Nepenthes fusca × Nepenthes tentaculata
  • Nepenthes glabrata × Nepenthes tentaculata
  • Nepenthes hamata × Nepenthes tentaculata
  • Nepenthes macrovulgaris × Nepenthes tentaculata
  • Nepenthes muluensis × Nepenthes tentaculata (= Nepenthes × sarawakiensis)
  • Nepenthes rajah × Nepenthes tentaculata
  • Nepenthes stenophylla × Nepenthes tentaculata

Nepenthes tobaica

Origine et milieux naturels

Nepenthes tobaica est endémique à Sumatra :

  • Sur une zone allant de la région de Gayo (province d’Aceh), à la région de Tarutung, au sud, en passant par la région du Toba où il est très abondant
  • Mont Sorik Merapi
  • Région du lac Kerinci, (province de Jambi), dans un marais tourbeux, en compagnie de Nepenthes ampullaria, Nepenthes gracilis, Nepenthes mirabilis et Nepenthes reinwardtiana.

Selon le spécialiste du genre Nepenthes Charles Clarke, son altitude de croissance s’étend de 380 à 1800 mètres au-dessus du niveau de la mer. Selon les botanistes Matthew Jebb et Martin Cheek, l’espèce pourrait pousser jusqu’à 2750 mètres d’altitude.

Le climat est tropical humide, plus ou moins frais la nuit en fonction de l’altitude. La végétation environnante comprend notamment des rhododendrons, des orchidées et des fougères, et peu d’arbres dépassant 3 mètres de haut.

Histoire et Etymologie

Nepenthes tobaica est décrit par le botaniste et taxinomiste néerlandais B. H. Danser en 1928 dans sa monographie intitulée The Nepenthaceae of the Netherlands Indies. La plante était connue depuis plusieurs décennies déjà, les premiers spécimens connus ayant été découverts en février 1856 en région Batak (nord de l’île), par un autre botaniste néerlandais, Johannes Elias Teijsman.

La confusion avec Nepenthes angasanensis est fréquente], y compris dans les publications de Danser lui-même. Certaines plantes décrites comme étant Nepenthes tobaica sont en fait Nepenthes angasanensis.

L’épithète spécifique tobaica fait référence à la région du lac Toba, indiqué à l’époque comme le seul lieu abritant l’espèce, et où elle pousse en grand nombre, à tel point qu’il est “difficile de ne pas la voir” selon Clarke.

Description

Nepenthes tobaica est une plante carnivore vivace grimpante, dont la tige principale peut atteindre 7 mètres de haut, avec des entrenœuds de 25 cm. Elle produit des feuilles allongées coriaces oblongues à spatulées, terminées par un tendril mesurant jusqu’à 30 cm, portant une portion transformés en urne, pour l’attraction et la capture des insectes. Le pétiole n’est pas toujours présent, si bien que le limbe est parfois sessile, la base de la feuille étant quoi qu’il en soit toujours amplexicaule.

Les urnes basses sont ovoïdes dans leur partie inférieures (ce qui correspond à la surface intérieure sur laquelle se trouvent les glandes enzymatiques), et cylindriques ensuite. Le péristome mesure moins de 5 mm de diamètre. La couleur varie du vert au rouge pourpre en passant par le jaune pâle.

Les urnes supérieures, mesurant jusqu’à 25 cm de haut et 5 cm de large, sont cylindriques, avec une portion centrale resserrée. Elles sont vert pomme.

Si la plante est majoritairement glabre, la nervure centrale qui parcourt chaque feuille est systématiquement recouvertes de poils courts.

Des hybrides naturels existent, avec Nepenthes ampullaria, Nepenthes mirabilis, Nepenthes reinwardtiana et Nepenthes rhombicaulis.

Nepenthes ventrata

Origine et milieux naturels

Cet hybride naturel, croisement entre Nepenthes ventricosa et Nepenthes alata, vit dans les Philippines, en milieu tropical de basse montagne.

Histoire et Etymologie

Le nom est apparu pour la première fois en 1979 dans la Carnivorous Plants Newsletter, une publication officielle distribuée aux membres de l’ International Carnivorous Plants Society (la plus grande association consacrée aux plantes carnivores). Le terme ventrata est un mot-valise formé par la fusion du nom des deux parents de la plante : Nepenthes ventricosa et Nepenthes alata.

Elle fait partie des plantes carnivores les plus abondamment reproduites, notamment en culture in vitro, car elle se prête particulièrement bien à ce type de multiplication en raison notamment de sa grande vigueur et de sa grande tolérance en culture. On la retrouve ainsi fréquemment en jardinerie, la plupart du temps mal étiquetée, sous le nom de Nepenthes alata.

Description

Nepenthes × ventrata est une plante carnivore vivace terrestre. Elle produit de longues feuilles terminées par un tendril supportant une urne qui lui sert à attirer, capturer et digérer des insectes. Les pièges sont jaunes et rouges puis deviennent entièrement rouges quelques jours après leur ouverture. Ils mesurent jusqu’à 20 cm, le plus souvent autour de 15 cm, et sont légèrement serrés dans leur partie centrale, qui délimite la zone glissante de la zone de digestion où se trouve le liquide enzymatique.

Nepenthes vogelii

Origine et milieux naturels

Nepenthes vogelii est endémique de Bornéo ; on le trouve en Malaisie (Sabah, Sarawak) et dans le Kalimantan occidental. Il croît dans les forêts de basse montagne, principalement en épiphyte, entre 1000 et 1500 mètres d’altitude. Le climat est tropical humide, chaud en journée et doux à frais la nuit.

Histoire et Etymologie

La première collecte de cette plante a lieu en 1961 sur le Mont Api, dans le Parc national du Gunung Mulu, par le botaniste J. A. R. Anderson, spécialiste de la forêt. Elle est ensuite déposée à l’herbarium de Sarawak en tant que Nepenthes fusca. En 1969, le botaniste japonais Shigeo Kurata émet un doute sur l’identité de la plante en question. Après examen, il conclut que sa morphologie ne correspond à aucune variation naturelle rencontrée chez Nepenthes fusca. Ce n’est qu’en 2002 qu’une description officielle est publiée, dans Blumea – Journal of Plant Taxonomy and Plant Geography. Le crédit va aux botanistes André Schuiteman et Eduard Ferdinand de Vogel, respectivement français et hollandais.

Le spécimen utilisé pour cette description a été collecté à l’état de plantule par Art Vogel, botaniste et responsable du conservatoire de l’Hortus Botanicus Leiden, lors d’une expédition sur les hauteurs de Kelabit, à Sarawak. Il a ensuite été mis en culture. L’épithète spécifique vogelii a été attribué à l’espèce en son honneur.

Avant même sa description, Nepenthes vogelii est introduit en culture via la pépinière de Ch’ien Lee, Malesiana Tropicals, sous le nom de Nepenthes spec. 4.

Description

Nepenthes vogelii est une plante carnivore vivace le plus souvent épiphyte mais parfois terrestre, escaladant les arbres au cours de sa croissance. Elle produit des limbes allongés terminés par un tendril, supportant une urne cylindrique destinée à la capture et à l’attraction des insectes. Les pièges sont généralement jaunes et recouverts de nombreuses taches rouges ou marrons sur l’ensemble de leur surface. Le péristome est strié de rouge. Les urnes aériennes arborent une forme d’entonnoir, avec des variations dans la partie supérieure, qui est bulbeuse chez certaines souches. À l’intérieur, cette zone bombée constitue la partie glissante du piège.

Bien que Nepenthes fusca et Nepenthes hurrelliana poussent dans la même zone (mais sous 1200 mètres pour l’un et au-dessus de 1500 mètres pour l’autre, respectivement), aucun hybride naturel impliquant Nepenthes vogelii et ces deux espèces n’a été découvert.

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